L’ancien finaliste de Wimbledon Nick Kyrgios a confirmé avoir échoué un contrôle antidopage après avoir obtenu un résultat positif à la cocaïne, décrivant cet épisode comme un point tournant à la suite de deux années brutales marquées par les blessures.
L’Australien de 31 ans, habitué des controverses tout au long de sa carrière, a été suspendu de façon provisoire. Depuis sa saison exceptionnelle de 2022 — où il avait atteint la finale de Wimbledon avant de s’incliner face à Novak Djokovic — Kyrgios n’a disputé que 10 matchs de simple sur le circuit, n’en remportant que deux.
Il occupe actuellement le 919e rang mondial. Le résultat positif remonte au mois de juin, lors d’un tournoi de moindre envergure sur gazon à Majorque, en Espagne.
« J’ai récemment échoué un test de dépistage à Majorque après avoir obtenu un résultat positif à la cocaïne », a écrit Kyrgios dans une déclaration publiée sur Instagram. « J’ai commis une grave erreur et j’en assume l’entière responsabilité. »
Cette nouvelle vient ajouter un chapitre difficile de plus à l’histoire d’un joueur reconnu autant pour son talent que pour ses frasques hors terrain — son moment le plus marquant sur le court ces derniers temps ayant été une victoire lors d’un match d’exhibition « Battle of the Sexes » face à Aryna Sabalenka à Dubaï, aux Émirats arabes unis, en décembre dernier.
Ce qui l’attend
Selon les règles antidopage, Kyrgios pourrait écoper d’une suspension pouvant aller jusqu’à quatre ans, bien qu’une sanction plus clémente soit jugée probable. La cocaïne est interdite en tant que substance dopante en compétition, et les sanctions sont généralement moins sévères lorsque la consommation survient en dehors des tournois.
Il existe un précédent qui pourrait jouer en sa faveur : le joueur britannique Dan Evans avait écopé d’une suspension d’un an imposée par la Fédération internationale de tennis en 2017, après un test positif à la cocaïne à l’Open de Barcelone.
Une période difficile
Dans sa déclaration, Kyrgios s’est confié sur le poids émotionnel d’avoir vu sa carrière stagner en raison de blessures persistantes.
« Il y a des moments où je me suis senti impuissant et seul. Rien de tout ça n’excuse ce que j’ai fait », a-t-il écrit, ajoutant que les répercussions physiques s’étaient accompagnées d’un lourd tribut mental. « Mon corps n’a pas été capable de répondre à ce que mon esprit attendait de lui. »
Sa saison 2026 se solde jusqu’ici par une seule victoire contre trois défaites en simple. Il avait toutefois obtenu une carte d’invitation pour le tableau de double à Wimbledon le mois dernier, faisant équipe avec Alexander Bublik, mais la paire avait été éliminée au premier tour.
Les détails de l’affaire
L’Agence internationale d’intégrité du tennis (ITIA), responsable des poursuites dans ce dossier, a indiqué que l’échantillon de Kyrgios avait été prélevé le 22 juin, le résultat positif ayant été confirmé le 17 juillet — soit après sa participation à Wimbledon. Une suspension provisoire obligatoire est entrée en vigueur le 4 août, et l’ITIA a confirmé que Kyrgios n’en a pas fait appel.
Malgré ce revers, Kyrgios a tenu à exprimer une note d’espoir dans sa déclaration.
« La bonne nouvelle, par contre, c’est que ça m’a servi d’électrochoc », a-t-il écrit, signalant qu’il ne considère pas cet épisode comme la fin de sa carrière. « Au cours des 28 prochains jours, je vais m’éloigner des réseaux sociaux et de la vie publique pour me concentrer sur mon rétablissement. »
Retour sur une carrière en déclin
Le plus récent titre de Kyrgios — le septième de sa carrière — remonte à Washington, D.C., quelques semaines à peine après sa finale de Wimbledon en août 2022, alors qu’il avait battu Yoshihito Nishioka. Il avait ensuite atteint les quarts de finale du US Open, où il s’était incliné face à Karen Khachanov.
Tout a commencé à basculer après une blessure au genou subie à Tokyo en octobre 2022. Kyrgios n’a disputé qu’un seul match au cours des deux années suivantes et une blessure au poignet l’avait tenu à l’écart de Wimbledon en 2023. Sa saison 2025 avait été tout aussi difficile : une élimination au premier tour de l’Omnium d’Australie, suivie d’une décision de faire l’impasse sur les trois Grands Chelems suivants du circuit.

