Une histoire diplomatique, un coup de téléphone à la FIFA et une question qui circule dans tous les salons de soccer cette semaine : l’Italie peut-elle vraiment prendre la place de l’Iran à la Coupe du monde 2026 ? La proposition, révélée mercredi par le Financial Times, vient d’un proche du président américain Donald Trump. Elle a été sèchement rejetée du côté italien. Et côté FIFA, le dossier paraît déjà clos.
Tu trouveras ici ce qu’il s’est réellement passé, ce que ça veut dire pour le tournoi, et surtout ce qui change (ou pas) sur les marchés des paris Coupe du monde.
Ce que Paolo Zampolli a proposé à Trump et à la FIFA
L’émissaire au cœur de l’histoire s’appelle Paolo Zampolli. C’est un entrepreneur italo-américain, proche de Donald Trump depuis les années 1990, nommé en 2025 envoyé spécial des États-Unis pour les partenariats mondiaux. Il a confirmé au Financial Times avoir suggéré au président américain et à Gianni Infantino, patron de la FIFA, que l’Italie remplace l’Iran lors du tournoi.
Son argument tient en quelques mots : quatre titres mondiaux, un palmarès qui justifierait selon lui une inclusion, et le rêve personnel de voir la Nazionale dans une Coupe du monde organisée aux États-Unis. Zampolli a déjà tenté la même manœuvre en 2022, à l’époque du Mondial au Qatar. Sans succès alors non plus.
La démarche a aussi une dimension politique. Les relations entre Donald Trump et la cheffe du gouvernement italien Giorgia Meloni se sont tendues ces dernières semaines, notamment après les critiques du président américain envers le pape Léon XIV concernant la guerre en Iran. Relancer le dossier Italie à la FIFA serait un geste d’apaisement envers Rome.
Les officiels italiens rejettent l’idée sans équivoque
La réaction italienne a été rapide et unanime. Le ministre des Sports Andrea Abodi a tranché : on se qualifie sur le terrain, pas par faveur diplomatique, et un tel remplacement n’est tout simplement pas possible. Luciano Buonfiglio, président du Comité national olympique italien, a ajouté qu’il serait personnellement offensé par une qualification offerte. Le ministre de l’Économie Giancarlo Giorgetti a parlé de honte.
Le message officiel de Rome est clair : l’Italie n’a pas besoin de la main tendue de Trump sur ce dossier. L’entraîneur Gianni De Biasi a résumé publiquement ce que tout le monde sait techniquement : si une équipe devait remplacer l’Iran, ce serait logiquement la sélection suivante dans le groupe de qualification iranien, pas une équipe éliminée aux barrages européens.
La position de la FIFA : Iran est là, point final
Côté Zurich, la réponse était déjà là avant même la parution de l’article du Financial Times. La semaine dernière, lors du forum Invest in America de CNBC, Gianni Infantino a été catégorique : l’équipe iranienne viendra, le sport doit rester hors politique, et une sélection qualifiée sur le terrain joue son tournoi.
Infantino s’est même déplacé le mois dernier dans un camp d’entraînement de l’Iran en Turquie, et a confirmé que les trois matchs de groupe de l’Iran auront bien lieu aux États-Unis, malgré la demande iranienne d’une délocalisation vers le Mexique en raison de la guerre. La FIFA a renvoyé à cette déclaration plutôt que de commenter directement la proposition Zampolli.
Autrement dit : la porte est fermée. L’Iran jouera, l’Italie regardera la Coupe du monde à la télévision pour la troisième fois consécutive, une première dans l’histoire récente de la Squadra Azzurra.
Pourquoi l’Italie a raté le coche (encore une fois)
Pour bien comprendre l’ironie de la proposition Zampolli, il faut revenir sur le parcours italien. La Nazionale, quadruple championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006), a terminé deuxième de son groupe de qualification UEFA derrière la Norvège d’Erling Haaland. Envoyée aux barrages, elle s’est inclinée en finale de la voie A contre la Bosnie-Herzégovine le 31 mars, aux tirs au but (4-1 après un nul 1-1).
C’est la troisième Coupe du monde d’affilée manquée : 2018 (éliminée par la Suède), 2022 (éliminée par la Macédoine du Nord), 2026 (éliminée par la Bosnie). Le problème n’est pas un accident, c’est une tendance. La génération dorée est partie, le renouvellement n’a jamais vraiment pris, et la relégation dans le deuxième groupe d’équipes européennes est désormais un fait établi.
Ironie supplémentaire : c’est justement la Bosnie qui a volé la place italienne et qui se retrouve dans le groupe B de la Coupe du monde avec le Canada, la Suisse et le Qatar.
Ce que ça change sur les marchés des paris
Voici la partie qui intéresse le parieur. Malgré le bruit médiatique, les cotes n’ont pratiquement pas bougé parce que le scénario Italie-remplace-Iran n’a aucune probabilité réelle de se concrétiser. Mais il y a quand même des mouvements intéressants à surveiller.
Iran vainqueur de match, marchés actuels
L’Iran est coté comme un outsider majeur du groupe F (aux côtés des Pays-Bas, du Japon et de la Tunisie). Les cotes pour une qualification iranienne en phase à élimination directe se situent autour de +400 à +450 selon les bookmakers, ce qui reflète un scénario où l’équipe peut poser des problèmes mais manquera probablement de profondeur. Ces cotes n’ont pas bougé depuis l’annonce Zampolli, ce qui confirme que les bookmakers lisent correctement la situation : l’Iran joue.
Les paris sur l’Italie (hypothétique)
Certains bookmakers offshore ont ouvert des marchés de nouveauté du type « L’Italie participera-t-elle à la Coupe du monde 2026 ? » avec des cotes qui tournent autour de +2000 à +5000 pour le oui. C’est du pur pari de loterie : la probabilité mathématique est proche de zéro, et ces marchés sont rarement proposés par les bookmakers canadiens régulés.
Le vrai impact sur le groupe B (Canada)
Pour les parieurs canadiens, le message indirect est important. La Bosnie, celle qui a éliminé l’Italie, n’est pas un cadeau. L’équipe dirigée par Sergej Barbarez avec Edin Džeko en pointe et Benjamin Tahirović au milieu a éliminé les Azzurri aux tirs au but après avoir déjà sorti le pays de Galles. Les cotes actuelles de la Bosnie pour sortir du groupe B (autour de +150 sur plusieurs bookmakers canadiens) paraissent encore sous-estimer la vraie valeur d’une équipe qui vient de battre l’Italie dans un contexte de pression maximale.
Si tu mises sur le groupe B du Canada, la leçon est simple : la Bosnie a plus de dents que son classement FIFA le suggère. Le match Canada-Bosnie du 12 juin à Toronto est probablement plus piégeux que ce que les cotes indiquent.
Les marchés à ne pas toucher
Évite les paris « L’Italie remplacera l’Iran » proposés par certains sites offshore. Les conditions de règlement sont souvent floues, les cotes paraissent attractives (+5000, +10000), mais la probabilité réelle est tellement proche de zéro que même ces cotes ne représentent aucune valeur attendue. C’est du divertissement, pas du pari.
Le dossier résumé en trois points
D’abord, la proposition existe bien et vient d’un proche officiel de Donald Trump, confirmée par le Financial Times et reprise par Washington Post, Euronews et Reuters. Ensuite, tout le monde à Rome la rejette, et la FIFA a déjà publiquement confirmé la participation iranienne. Enfin, pour le parieur, la seule vraie information utilisable est que la Bosnie (tombeuse de l’Italie) est probablement sous-cotée dans le groupe B du Canada, et que tous les marchés dérivés de ce « scandale » sont à fuir.
L’Italie ne sera pas à la Coupe du monde 2026. L’Iran y sera. Et le vrai match à suivre, pour toi comme pour des millions de Canadiens, reste celui de Toronto le 12 juin.

