Le soccer mondial est en pleine guerre civile, pis tout ça, c’est une question d’argent.
Mardi dernier, le président de la FIFA Gianni Infantino a lâché une bombe : il veut vendre des parts minoritaires de la Coupe du monde et d’autres événements de la FIFA à des investisseurs privés. Le plan tournerait autour d’un fonds d’investissement appelé Thrive Eternal, dirigé par Joshua Kushner — le frère de Jared Kushner, le gendre de Donald Trump. Infantino a donné aux 211 fédérations membres de la FIFA jusqu’au 19 septembre pour embarquer dans le projet.
La réaction a été immédiate, pis pas mal brutale.
L’UEFA n’a pas pris de gants blancs. L’organisme européen, qui représente ses 55 membres, a voté à l’unanimité pour boycotter la FIFA — Coupes du monde incluses — à moins que le plan d’investissement privé soit complètement abandonné. Leur communiqué ne mâchait pas ses mots : la proposition a été « conçue en secret », et « la Coupe du monde n’est pas à vendre ».
La CONCACAF a dit non elle aussi. La confédération de 41 membres qui représente l’Amérique du Nord, l’Amérique centrale et les Caraïbes a rejeté le plan carrément, dénonçant le manque de transparence et l’échéance précipitée. Par contre, ils n’ont pas menacé de boycotter.
L’Asie s’est jointe au concert. La AFC a appuyé les inquiétudes de l’UEFA et de la CONCACAF, avertissant que toute la situation « devrait inquiéter tout le monde qui tient à l’avenir de notre sport ». Fait à noter, l’AFC a aussi réclamé que la FIFA revoie complètement sa gouvernance.
Le Mexique hésite encore. La fédération mexicaine dit qu’elle a besoin de plus de temps pour étudier la proposition avant de se prononcer.
L’Afrique, l’Amérique du Sud et l’Océanie n’ont pas encore voté — aucune date n’a été annoncée.
De son côté, la FIFA ne recule pas d’un pouce. Dans un communiqué vendredi, l’organisation a blâmé « des reportages médiatiques inexacts » pour avoir perturbé son processus de consultation, pis a dit qu’elle allait continuer son bonhomme de chemin pareil.
Les choses se sont corsées pour Infantino vendredi quand son propre conseiller principal, Carlos Cordeiro, a démissionné à cause du plan — un signe que ça commence à craquer même à l’intérieur de la FIFA.
Pourquoi c’est important : L’UEFA à elle seule représente les ligues les plus riches et les plus puissantes au monde — la Premier League, la Liga, la Serie A. Ajoutez l’opposition de l’Asie et de l’Amérique du Nord là-dedans, pis Infantino se retrouve devant une révolte de la plupart des gros joueurs du soccer mondial.
Deux échéances planent maintenant sur ce gâchis. D’abord, le 19 septembre — la date limite d’Infantino pour obtenir l’appui. Ensuite, la Coupe du monde féminine U-20 de la FIFA débute le mois prochain en Pologne, un premier vrai test pour voir si tout ça va déboucher sur un boycott concret d’un tournoi.
Pis il y a l’enjeu de fond : on s’attendait à ce qu’Infantino soit réélu sans opposition pour un quatrième mandat jusqu’en 2031, avec les candidatures qui doivent être déposées avant le 18 novembre en vue d’un vote en mars à Rabat. Après la semaine qu’on vient de vivre, une réélection sans opposition semble pas mal moins probable.

